Je pense au guide alimentaire canadien que je ne respecte pas. Je pense à mon compte en banque un peu trop bas, au réchauffement de la planète, au refroidissement des coeurs.
Je pense au bouton snooze défoncé de mon cadran, à mes cernes grandissants, aux meurtres qu’on annonce aux nouvelles, aux oméga 3 dont je suis carencé, aux couleurs HD de ma télé toujours fermée, à la disposition feng shui de mon appartement vide.
Je pense au prix du litre de gaz, au condom que mon père n’a pas mis, à mon sempiternel célibat, à la dernière série de défaites du Canadiens, à l’exploitation des gaz de schiste.
Je pense aux chirurgies esthétiques, aux antioxydants et leurs bienfaits, au processus de confection de mes dernières espadrilles, aux cotes d’écoute d’Occupation Double, à la dette publique, aux profits annuels de Molson, à la quantité de pub que je vois par jour.
Je pense à la bouffe périmée dans mon réfrigérateur, à mes souliers de course toujours dans mon garde-robe, aux livres qui prennent la poussière, aux sourires qui se raréfient.
Et je lolle pour ne pas pleurer.